Pendant que le monde agricole se rend vraiment à l’évidence de l’efficacité de la fumure animale contre l’engrais chimique, un marché juteux se construit dans ce secteur alors pas encore connu.
Nous sommes en 2007, ou nous rencontrons un jeune du nom de Daouda, de nationalité malienne ayant immigré en Côte d’Ivoire pour travailler avec ses parents. Il se rend à Agnibilékrou pour des activités sur la Cola c’est alors qu’il découvre un commerce sur la fiente de poulet utilisée pour les champs de maïs.
Venant aux nouvelles, il se rend compte du volume utilisé sur les champs qui augmente la productivité de ses utilisateurs. La même année 2007, une fois de retour auprès de mes parents planteurs à San Pedro / Grand Bereby et la communauté Malienne et Burkinabé, il s’évertue à l’explication de l’efficacité de la fiente de poulet. Plusieurs planteurs lui font confiance et passent aussitôt commande, mais sans donner d’avance.
Une fois de retour à Agnibilékrou, il prend contact avec un éleveur de volailles pour ramasser la fiente, avant qu’il ne la brûle. A cette époque, beaucoup d’éleveurs brûlent la fiente après avoir vidé les bâtiments, pour éviter les mauvaises odeurs. Il suffit alors de donner 30.000 FCFA à l’éleveur et il vide le local de la fiente de poulet pour un chargement de 30 tonnes, équivalent à environ 1000 sacs, revendu 1750frs le sac à Grand Bereby.
Voici un calcul simple sur l’exploitation de ce commerce par notre jeune frère Daouda

« Avec de tels bénéfices, j’ai donc continué en établissant des contacts directs avec les éleveurs de poulets, sans intermédiaire. C’était donc de la bonne qualité de fiente, ayant fermenté plusieurs mois. Certains éleveurs avaient conservé la litière durant un an sans vider le bâtiment. J’ai envoyé des chargements de 30 tonnes sur San Pedro et Duekoué. « C’est à partir de 2011 que la fiente de poulet connait un grand succès dans la zone ici, à cause des contrefaçons sur l’engrais.
L’Evolution de la filière
Face à la demande montante, le prix du sac de la fiente passe à 2000 ou même 2500 F. Plusieurs fils de planteurs autour de San Pedro se lancent alors dans le commerce de la fiente, notamment les jeunes Mossi et Dioula, et mêmes les Haoussa. De même, à Agnibilékrou, constatant le départ de plus en plus fréquent de gros camions pour San Pedro et Duékoué, remplis de fiente, quelques jeunes Agni et certains jeunes migrants s’organisent en petits groupes pour contacter les grosses fermes d’élevage. Les jeunes de San Pedro et Duékoué passent par eux pour avoir la fiente facilement, sans se déplacer à Agnibilékrou ». A partir de 2011, les différents coûts augmentent mais les bénéfices se maintiennent fort bien sous l’effet de la demande croissante. Les nouveaux commerçants réduiraient un peu le volume des sacs, écoulant un chargement d’environ 30 tonnes sous forme de 1200 sacs vendus entre 2000 et 2500 F, donnant un revenu brut de 2 700 000 F, soit un profit de près de 1 000 000 F.
